Siamo soli

 

Perdere tutto a poco a poco

Nous sommes seuls. Seuls, comme le Bédouin dans le désert. Il faut nous couvrir la figure, nous serrer dans nos manteaux et donner tête baissée dans l’ouragan — et toujours, incessamment, jusqu’à notre dernière goutte d’eau, jusqu’à la dernière palpitation de notre coeur. Quand nous crèverons, nous aurons cette consolation d’avoir fait du chemin, et d’avoir navigué dans le Grand.

Gustave Flaubert, à Louis Bouilhet, Croisset, dimanche, 3 heures, [30 septembre 1855].